Quand la tension se fait sentir
Il y a ce moment précis où le corps trahit l’esprit. Rien n’a encore été dit, rien n’a été touché, et pourtant quelque chose se dresse, irréfutable. L’érection ne demande pas la permission. Elle arrive comme une prise de pouvoir silencieuse, un signal lancé depuis les profondeurs, brut, primaire, impossible à négocier. Sous le tissu, la forme change. L’espace se tend. Le corps masculin cesse d’être neutre. Il devient orienté, dirigé vers l’avant, comme attiré par une gravité nouvelle. Ce n’est pas encore l’acte, c’est l’annonce. Une promesse épaisse, insistante, presque arrogante. L’érection n’est pas seulement une réaction. C’est une présence. Elle modifie la posture, ralentit les gestes, alourdit le souffle. Elle oblige à composer avec elle, à l’assumer ou à la cacher, à jouer avec cette évidence qui pulse et qui insiste. Elle est à la fois fierté et vulnérabilité, aveu public d’un désir que le corps ne prend même plus la peine de déguiser. Il y a quelque chose de profondément animal...